Samedi 6 août 18h

Match ! version jardin

Spectacle programmé avec l'aide de l'OARA

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Théâtre

Autofiction sur l'amour à l'ère du numérique

Conception, écriture et interprétation : Marilyne Lagrafeuil

Création musicale, arrangements et interprétation : Sébastien Chadelaud

Collaboration artistique : Alexandre Doublet

Assistanat mise en scène : Aurélie Bidault

10 millions de français sont célibataires.
35% des rencontres amoureuses se font sur des sites ou des applications.
Il m’est apparu que ce phénomène affectif contemporain était trop peu exploré.
J’ai voulu m’emparer de ce sujet en partant de ma propre expérience.
Pourquoi va-t-on sur un site de rencontre ?
Quelles sont les attentes, espoirs, frustrations, addictions, déceptions qui en découlent ?
Quel portrait sociologique, sensible, politique l’utilisation de ces sites dessine-t-il de la violence des rapports humains ?

Une salle des fêtes de village.
Une femme assise seule attend.
Un chanteur de bal entre en scène.
Entrer dans la lumière, comme un insecte fou.
C’est cette chanson qui déclenche toute l’histoire.
La femme se remémore le bal du 14 juillet de ses 10 ans.
Quand elle imaginait sa vie d'adulte.
Ses parents se sont rencontrés dans un bal, ce sera pareil pour elle.
Elle aura un mari, un maison, un jardin, deux enfants.
Elle a 10 ans, elle a 20 ans, elle a 30 ans.
Pas de mari, pas d’enfants, pas de jardin.
Ses copines sont en couple et arrêtent la pilule.
Elle est en retard.
Elle s’inscrit sur Meetic puis Adopte un mec puis Tinder.


C’est l’histoire de deux solitudes qui, le temps d’une soirée, vont se frôler pour livrer leurs espoirs d’amour en mots et en chansons populaires.
Deux solitudes qui vont et viennent, apprennent à vivre comme s’ils étaient libres et en équilibre dirait Dalida.
« A la radio, j’écoute uniquement les chansons parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies »
murmurait Fanny Ardant dans "La femme d’à côté" de François Truffaut.

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Marilyne Lagrafeuil

Je suis devenue artiste associée à la compagnie La sœur de Shakespeare en 2013 quand Emma George m’a envoyé les premiers extraits de son texte « A combien carreaux de la marge ? ».

Ce texte profondément personnel, non écrit pour le théâtre, m’est apparu comme une évidence. 

Enfin une parole de femme d’aujourd’hui, non convenue, puissante et poétique. Je voulais adapter ce texte pour le théâtre et l’endosser comme comédienne.

J’ai invité Gwenaëlle Mendonça à le mettre en scène.

Cette collaboration nous a donné envie de nous associer plus étroitement.

Ensemble, nous avons créé en 2016 « Mange moi », spectacle qui se joue dans les restaurants et mêle gastronomie et littérature érotique.

Puis nous avons commencé une recherche autour de la création de « Rester dans la course », pour questionner l’injonction à la réussite.

En cours de projet, Gwenaëlle a fait un burn out et quitté la compagnie.

Cette déflagration personnelle et professionnelle m’a forcé à interroger mon travail. 

Seule.

Il est apparu comme une évidence que ce que nous voulions raconter avec « Rester dans la course » et ce qui se passait dans nos vies était la même chose.

J’ai donc décidé d’écrire en prenant comme matière les expériences sociales que je traversais ainsi que celles de mon entourage.

J’avais trouvé un langage : l’autofiction.

Obsédée par notre monde contemporain, je cherche à saisir comment il impacte l’individu et l’intime.

Je tente d’enregistrer le monde en le vivant.

Je traque quelque chose qui appartient à l’humanité dont je suis en exemplaire.

Pour ce faire, je crée un « double moi », un moi de théâtre, qui dans une immense sincérité vient raconter son histoire qui peut être perçue comme réelle par le public.

A travers ce dispositif, je cherche l’identification du spectateur.trice aboutissant à une catharsis collective.

Depuis la création de la compagnie, la musique joue un rôle central dans les spectacles.

Je cherche un rapport cinématographique entre texte et musique, une émotion directe.

Comme le dit Marguerite Duras : « La musique c’est la plus haute instance de la pensée à son stade archaïque. Elle ne sait pas ce qu’elle fait la musique ».

Exerçant les activités de metteuse en scène, d’autrice et d’actrice, je cherche à transcender un fil narratif classique par une exigence de pensée et une recherche de formes absolument contemporaines.